Ou étais-tu quand tout s'écroulait ? Tous ces jours accrochée au téléphone... Tout ce dont j'avais besoin était un simple appel. Qui n'est jamais venu. Perdue et déchirée, c'est ainsi que tu me retrouverais. Écroulée par terre, exténuée. Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? Où étais-tu, où étais-tu ? Un peu trop tard, tu m'as retrouvée. Tu étais une partie de moi tellement ancrée, que je ne parviens plus à discerner qui je suis. J'ai perdu celle que j'étais, et celle que je voulais être. Qu'as-tu attendu pour revenir ? Que mon coeur s'use, comme une corde râpée, utilisée avec excès ? Je te vois te confondre en excuses, je me rappelle tes lettres qui me disaient que la flèche de Cupidon t'avais touché. Moi aussi. Elle ne m'a pas loupée. Je devais avoir le coeur un peu trop fragile, car cette flèche l'a transpercé, déchiré, comme du papier. Tout semble si aisé pour toi, revenir est chose facile. Laisse moi te dire que j'ai compté chaque jour de ton absence par les larmes pendues à mes cils. Ton retour, dis-tu, pardonne ton absence. Tu avais dis que tu reviendrais, c'est vrai. Un jour. Mais peux-tu imaginer comme les mois d'attente sont long lorsqu'on est livré à une solitude qui nous dévore, quand chaque heure d'ignorance, de peur, de souffrance, creuse un peu plus notre coeur ? Que sais-tu du cratère, de l'abime béant qui m'habitait, quand tu étais loin, quand toi tu souriais ? Quand tu étais dans leurs bras, quand tu les voulais dans tes draps. Comment oses-tu penser qu'une promesse de retour, pourrais rattraper, tout ce temps passé, et comment pourrais-je te pardonner, le fait que je ne t'ai absolument pas manqué ? Comment pourrais-je te pardonner, cette facilité à me mettre de coté, cette aisance à vivre sans moi, lorsque moi je ne suis réduite qu'à l'état de débris sans toi. Comment, dit moi, comment ? Est-ce que ton coeur à toi, se gelait de ne plus entendre ma voix ? Est-ce que la nuit sans moi, tu tremblais, tu avais froid ? Est-ce que le matin, dès ton réveil, en sursaut bien (trop) souvent, ton premier geste était de palper l'oreiller, et ce vide à ton coté ? Est-ce que chaque matin, tu constatais ce vide avec le même chagrin ? Est-ce qu'une seule fois, une seule, tu m'as voulu encore contre toi ? Est-ce que pendant cette absence, la nuit il t'arrivait, comme un con, de te réveiller, enlaçant ton traversin, avant de te rendre compte, que ce n'était qu'un putain de traversin ? Une seule fois, une simple petite fois, t'ai t-il arrivé de marcher dans la rue, d'entendre ton prénom qu'on appelait, de te retourner, le coeur battant la chamade, cognant dans ta poitrine, les genoux s'entrechoquant, en espérant voir mon visage apparaitre ? Où étais-tu, toi qui m'avais promis une présence constante, où étais-tu, quand j'abimais mes yeux à pleurer, à te pleurer ? Étais-je ta première pensée le matin en te levant, ta dernière pensée en t'endormant ? En t'endormant après avoir trop lutté, après que ton coeur et ton corps se décident enfin à céder. Est-ce que je t'ai manqué ? Dis moi que oui, dis moi que oui, pour bien m'achever. Mens moi, et toi douleur mord moi. Mord moi l'âme, plus violemment, quand ces mots fuseront entre ses dents. Dis moi que je t'ai manqué. Regarde moi, je ne suis plus que l'ombre de ce que j'étais autrefois. Où étais-tu ? Et comment oses-tu ? Si je t'avais manqué, au moins un peu comme tu m'a manqué, tu serais revenu, tu aurais accouru. Tu aurais laissé ta fierté, j'aurais laissé de coté ma dignité. J'aurais murmurer ton nom tout bas, j'aurais ouvert tout grand mes bras. Tu ne m'as envoyé aucunes lettres, tu ne m'as laissé aucuns messages. Alors pourquoi, pourquoi reviens-tu ? Pourquoi as-tu attendu ? Où étais-tu ? Tu m'as trouvée, à terre comme un animal blessé, quand moi j'avais trouvé, un semblant de fierté, quand moi j'allais me relever. Mes larmes ont coulées, et tu m'as demandé, tu m'as demandé, si je t'avais manqué. As-tu remarqué ? Le noir de mes yeux fondre comme du métal en fusion. As-tu deviné, la haine derrière la noirceur des pupilles ? M'as-tu entendu te supplier ? Probablement, car tu t'en es allé. Surement, quand je me suis levée. Forcément, quand je t'ai demandé, de partir, d'en finir. Et tu ne t'es pas fait prier. Bien évidement. Bien heureusement ? J'effacerais l'image de ton visage, pour ne plus garder que l'image de ce dos que tu m'as tant et trop de fois tourné.
Inspiration :
Une femme pardonne tout, exepté qu'on ne veuille pas d'elle. [ Alfred De Musset ]